« La journée du Poilu »

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  • La journée du poilu, 31 octobre - 1er novembre 1915.

  • Journée du poilu, 25 et 26 décembre 1915.

La journée du poilu, 31 octobre - 1er novembre 1915.

© Collections La Contemporaine

Journée du poilu, 25 et 26 décembre 1915.

© Collections La Contemporaine

Date de publication : juin 2006

Contexte historique

Une guerre qui s’installe dans la durée

L’épisode de la bataille de la Marne, au début du mois de septembre 1914, soude les Français derrière leurs combattants. Désormais durable, quotidienne, non héroïque, cette guerre longue impose la mobilisation de l’ensemble de la société et entraîne la sacralisation de la figure du poilu.

Analyse des images

La solidarité des Français : « l’Union sacrée » à l’épreuve

La première affiche, datée de novembre 1915, représente deux soldats au front : le cadre est emblématique de la guerre de position. Les ruines visibles à l’arrière-plan, ainsi que l’arbre mort, rappellent les destructions subies par les régions françaises de l’Est et du Nord. Les boisages qui encadrent l’image, le remblai en terre glaise, situent cette scène aux détails particulièrement précis dans une de ces tranchées qui, par milliers, protègent la France. L’aspect héroïque de cette résistance historique contre l’ennemi allemand est illustré par la reproduction du message de Gambetta, héros de la Défense nationale de 1870. Toutefois l’affichiste ne dessine pas le combat, mais une scène de genre dans le style des peintures classiques donnant à voir le repos des soldats. Ici, il construit un contraste éclatant entre le soldat vu de dos, plongé dans l’ombre portée de la guerre, sur le qui-vive, et le soldat assis en pleine lumière. Son sourire irradie violemment, tel un soleil, l’entrée de la casemate, car il vient de recevoir un colis grâce à la collecte organisée à l’arrière. Les deux médailles reproduites en haut à gauche et à droite, parodies de médailles militaires, sont celles que le contributeur recevait en gage de sa participation.

La seconde affiche, placardée deux mois plus tard à l’occasion d’une nouvelle « journée du poilu », situe l’action à l’arrière et non plus au front. Le trait et la couleur se font moins précis, le dessin se rapproche du dessin de presse. De fait, l’information y est plus sobre, plus nette. Au lieu d’un titre stylisé difficilement lisible, on a ici, dans un cadre clairement délimité, une annonce qui ressort en rouge sur fond blanc. L’implication des autorités de la République est mise en avant, pour inciter les Français à cotiser une fois encore. Au centre de l’image, cette fois-ci, les deux personnages sont des enfants pris sur le vif dans leur quête de fonds auprès des passants. Le slogan, incarné par la phrase que les enfants prononcent, insiste sur le repos des braves. Pourtant, la guerre est bien présente dans cette image : le petit garçon porte un képi identique à celui porté dans l’infanterie au début du conflit. La « médaille du poilu », qui orne sa poitrine et témoigne de sa participation à l’effort de guerre, n’est pas sans rappeler celles qui récompensent les combattants eux-mêmes. La petite fille, quant à elle, un peu plus âgée, est costumée en infirmière – une façon de rappeler l’engagement des femmes dans la guerre.

Interprétation

Poilus et enfants, même combat

Dès les premiers mois du conflit, le mot « poilu » devint d’un usage courant au sens qu’il avait dans l’argot militaire à la fin du XIXe siècle : « courageux », « brave ». Le port de la barbe et de la moustache par les soldats du front participa alors au vif succès que rencontra son emploi pour désigner familièrement le père, le mari, le fils, le frère qui se sacrifie pour les civils de l’arrière. Les deux affiches illustrent deux campagnes d’opinion qui se succèdent rapidement dans le temps. Les dates choisies sont symboliques : le 1er novembre est le jour de la Toussaint, le 25 décembre est le jour de Noël. La première affiche parle donc de ceux qui sont tombés au combat, qui endurent le pire dans une sorte de royaume d’Hadès qui s’étend sur 800 kilomètres dans l’est et le nord du pays. La seconde affiche, sans nier l’horreur de la guerre et la nécessaire solidarité de tous les Français, s’abstrait du front et propose une trêve de Noël, un retour à la famille et à la vie civile. Les deux dessins mettent en image le vécu de la guerre par les Français. Aux visages moustachus des poilus, burinés par les épreuves, répondent les visages innocents et implorants des enfants, peut-être destinés à devenir orphelins. Comme souvent à l’époque, l’image des enfants se voit doublement instrumentalisée : on cherche d’abord à attirer l’attention et la compassion des adultes. On prévoit en outre l’encadrement des enfants et on les contraint à adopter, de plus en plus souvent, des préoccupations et des comportements d’adultes. Cette entreprise, à elle seule, témoigne de l’ampleur et de la profondeur de la guerre totale.

  • armée
  • Guerre de 14-18
  • nationalisme
  • poilus
  • propagande

Bibliographie

Jean-Jacques BECKER, Les Français dans la Grande Guerre, Paris, Robert Laffont, 1980.Jean-Jacques BECKER et Serge BERSTEIN, Victoires et frustrations, Paris, Le Seuil, 1990.Laurent GERVEREAU, « La propagande par l’image en France, 1914-1918.Thèmes et modes de représentation » in Laurent GERVEREAU et Christophe PROCHASSON, Images de 1917, Nanterre, B.D.I.C., 1987.Yves POURCHER, Les Jours de guerre. La vie des Français au jour le jour entre 1914 et 1918, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1995.Stéphane AUDOIN-ROUZEAU, La Guerre des enfants, 1914-1918.Essai d’histoire culturelle, Paris, Armand Colin, 1993.Pierre VALLAUD, 14-18, la Première Guerre mondiale, tomes I et II, Paris, Fayard, 2004.

Pour citer cet article

Alexandre SUMPF, « « La journée du Poilu » »


Video: Fort de Seclin - Journées du Poilu 2017


Commentaires:

  1. Tareq

    Pas clairement

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