Lucien Bonaparte, un collectionneur mercantile

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Lucien Bonaparte, prince de Canino (1775-1840).

© Photo RMN-Grand Palais - G. Blot

Date de publication : juin 2008

Contexte historique

Dès la Renaissance, artistes et savants redécouvrent les civilisations de l’Antiquité et se passionnent pour l’architecture et la sculpture grecque. Les vases des collections Durand et Canino ont été irrémédiablement disséminés de par le monde : ils ont été achetés par de grands musées européens - Paris, Londres, Munich, Berlin… - mais aussi par une nouvelle génération de riches collectionneurs désireux de se constituer un cabinet d’amateur. Les grands antiquaires parisiens, tels Gansberg, Montfort, Rollin ou Feuardent, acquièrent également de belles pièces à des fins essentiellement mercantiles.

Analyse des images

Lucien Bonaparte, prince de Canino (1775-1840), représenté à l’antique sur piédouche, est une copie du buste original réalisé par le sculpteur Joseph-Charles Marin (1759-1834) vers 1805. Cette œuvre s’inscrit dans la plus pure tradition néo-classique : elle est l’un des nombreux témoignages de l’esthétique antique adoptée par l’empereur Napoléon Ier comme le style officiel du régime impérial. Les artistes néo-classiques se tournent résolument vers l’Antiquité grecque et romaine, tant sur le plan des valeurs esthétiques que sur celui des valeurs morales : le Beau idéal est celui qui allie la beauté des corps et celle de l’esprit. Le néo-classicisme témoigne donc d’un désir de l’art de participer aux mutations sociales, à la moralisation des mœurs, à l’avènement des révolutions, à une nouvelle conception du Beau. Il n’est pas surprenant que cette tradition néo-classique trouve son domaine d’élection dans l’art du portrait qui associe la pureté des formes et le souci d’une rigueur qui peut atteindre la froideur. L’imitation réfléchie des œuvres antiques crée ainsi une certaine distance entre l’œuvre et le spectateur, une distance froide tout à fait sensible dans ce buste de marbre blanc de Lucien Bonaparte.

Interprétation

Second frère de Napoléon Ier, Lucien Bonaparte assuma d’importantes fonctions politiques sous le Directoire et le Consulat. Il fut d’abord Président du Conseil des Cinq-Cents puis, successivement, ministre de l’Intérieur, ambassadeur de France à Madrid et membre du Tribunat. Son rôle fut déterminant dans la réussite du coup d’Etat du 18 Brumaire et la proclamation de Napoléon Bonaparte comme Premier Consul. Les relations entre Lucien Bonaparte et son illustre frère, déjà fort compromises en raison de différends politiques - Républicain convaincu, Lucien n’approuvait pas la dérive autoritaire et monarchique de Napoléon -, se dégradèrent considérablement à la suite de son mariage avec une veuve, Alexandrine de Bleschamp. Il se réfugia à Rome, auprès du pape Pie VII dont il s’était concilié l’amitié en 1801 en soutenant le Concordat. Il se fixa près de Viterbe, dans l’antique terre étrusque de Canino que le pape érigea pour lui en principauté. Après la chute de l’Empire en 1815, il se consacra à l’archéologie et les fouilles qu’il effectua dans les nécropoles étrusques de Vulci, Cornetto et Canino mirent au jour entre 15 et 20 000 vases qui lui permirent de résoudre quelques difficultés financières, notamment en organisant plusieurs grandes ventes en 1834, 1837, 1838 et 1840. Menées de façon empirique, ces fouilles alimentèrent ainsi le marché de l’art et nourrirent l’inspiration des artistes et des créateurs du moment. Le célèbre céramiste anglais Wedgwood, la manufacture de Sèvres puisèrent largement dans le répertoire iconographique de la céramique grecque. Après un long séjour dans la sereine obscurité d’un tombeau étrusque, le vase antique retrouvait ainsi un statut commercial, redevenait une marchandise, changeait de mains… en dehors de toute considération archéologique.

  • Antiquité
  • musée
  • sculpture

Pour citer cet article

Alain GALOIN, « Lucien Bonaparte, un collectionneur mercantile »


Video: Napoléon Bonaparte et Marie Louise


Commentaires:

  1. Ackerman

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