Le marronnage

Le marronnage


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  • Trois Nègres marrons, à Surinam.

    BRAY Théodore (1818 - 1887)

  • Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre.

  • Carte de la Guyanne française par d'Anville.

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Titre : Trois Nègres marrons, à Surinam.

Auteur : BRAY Théodore (1818 - 1887)

Date représentée :

Dimensions : Hauteur 29 - Largeur 40

Technique et autres indications : Dessin aquarellé

Lieu de Conservation : Musée d'Aquitaine site web

Contact copyright : © Mairie Bordeaux - Photo B. Fontanelsite web

Référence de l'image : M. C. : L 428

Trois Nègres marrons, à Surinam.

© Mairie Bordeaux - Photo B. Fontanel

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Titre : Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre.

Auteur :

Date de création : 1829

Date représentée : 15 août 1829

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Lieu de Conservation : Centre des Archives d'Outre-Mer site web

Contact copyright : © Centre des Archives d'Outre-Mer

Référence de l'image : CAOM. Bib. AOM

Feuille de la Guyane française, n°33 du 15 août 1829, page de titre.

© Centre des Archives d'Outre-Mer

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Titre : Carte de la Guyanne française par d'Anville.

Auteur :

Date de création : 1829

Date représentée : 1829

Dimensions : Hauteur 38 - Largeur 50

Lieu de Conservation : Centre historique des Archives nationales site web

Contact copyright : © Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Carte de la Guyanne française par d'Anville.

© Centre historique des Archives nationales - Atelier de photographie

Date de publication : avril 2007

Contexte historique

Le marronnage, résistance à l’esclavage

La fuite hors des espaces contrôlés par les maîtres est facilitée en Guyane par la géographie qui fait voisiner les habitations, vastes exploitations agricoles où est concentrée la main d’œuvre servile, avec l’univers, alors infini, de la forêt amazonienne.

Les esclaves, soumis à une contrainte permanente dans les habitations, sont partagés entre le grand atelier qui regroupe les hommes et les femmes employés aux travaux les plus rudes (défrichage, terrassement, plantation) et le petit atelier où sont rassemblés, pour les tâches plus légères, les femmes enceintes, les plus âgés et les enfants. Tous les détails de leur existence sont régis par la « police des ateliers » qui autorise aussi le maître à pratiquer le droit de correction pour punir les délits et manquements. Des carbets, abris de branches et de feuilles, inspirés des techniques amérindiennes, ainsi que des abattis, cultures sur brûlis adaptées à l’environnement forestier, représentent le cadre de leur vie reconstituée, où une discipline rigoureuse est aussi l’une des conditions de la survie des bandes de marrons.

Si le caractère forestier de la Guyane favorise le petit marronnage à diverses fins, dont la chasse et la pêche sont l’un des motifs possibles, la bourgade de Cayenne où les « nègres de journée » trouvent à louer leur travail pour un modique mais appréciable salaire, constitue un second point d’attraction.

Analyse des images

Théodore Bray, Trois Nègres marrons, à Surinam

Au cœur de la forêt guyanaise, trois hommes - dits « marrons » ou esclaves fugitifs - se reposent en bavardant autour d’un feu qu’on imagine destiné à tenir éloigné insectes et serpents. Un arbre abattu et une hutte sommaire constituent les rapides aménagements de cette halte temporaire. Un sabre d’abattis fiché en terre est l’outil indispensable à leur fuite qu’ils ont pris soin d’emporter. Le planteur Théodore Bray, installé en Guyane hollandaise vers 1840, dessine cette scène de marronnage, avec le naturel des choses vues, sans connotation romantique. L’un des marrons fume une pipe en terre, objet caractéristique de l’univers matériel des esclaves sur les plantations, tel qu’il a été révélé par l’archéologie. Peut-être nés en Afrique ou bien issus d’une seconde génération ayant grandi sur les plantations d’Amérique, ils ont pour moyen d’expression l’une des langues créoles issues de la variété linguistique originelle des esclaves et des propriétaires qui les emploient. La seule région des Guyanes a ainsi donné naissance à plusieurs langues : créole à base lexicale française, anglo-portugaise et anglo-néerlandaise.

La forêt offre un espace où se cacher, pour reconstruire des formes d’identités personnelles et sociales, hors de l’univers esclavagiste. Sous la menace permanente d’être découverts, les marrons sont cependant confrontés aux difficultés d’assurer leur subsistance, dans un milieu hostile où l’outillage fait défaut.

Déclaration hebdomadaire de marronnage

Les courtes fugues sont gérées avec pragmatisme. Considérées comme inévitables, tolérées tant qu’elle n’excèdent pas quelques jours, elle font cependant l’objet de déclarations (départ, retour ou arrestation) auprès de l’administration. La publication des « avis de marronnage » dans la presse hebdomadaire locale permet un suivi permanent du phénomène et place la gestion de chaque habitation à l’appréciation de la société coloniale toute entière. La Feuille de la Guyane française indique aussi précisément que possible, l’origine de chaque esclave, son âge et sa taille, dans les anciennes et nouvelles unités de mesure où le millimètre est alors en faveur.

Suit un appel à la constitution de la milice locale qui, sous les ordres des commandants de quartier se porte à la recherche de renseignements sur les fugitifs. La découverte de cases ou de traces de cultures provoque l’organisation de battues conduites par des détachements armés : le marronnage organisé demeure en effet, pour le propriétaire d’habitation, le symbole le plus fort du renversement de l’ordre esclavagiste.

Face à la masse des travailleurs serviles (86% de la population en moyenne en Guyane), le microcosme des planteurs redoute avec angoisse tout laxisme de ses membres dans la police des ateliers, comme tout excès susceptible de provoquer une révolte. De fait et dans l’intérêt même des propriétaires, les punitions extrêmes prévues par le Code noir (mutilation, mort à la troisième récidive) demeurent rarement appliquées.

Carte de la Guyane française

Au delà d'une zone côtière qui s'étend alors sur plus de huit cents kilomètres, la Guyane apparaît comme un pays inconnu, "tout couvert de bois", encore peuplé de diverses tribus ou villages d'Amérindiens. L’occupation européenne s’est donc développée dans l’île fluviale de Cayenne, puis dans les estuaires de l’Approuague (où le « Fort des Flamands » témoigne des luttes entre puissances coloniales) et de l’Oyapock, défendu par le Fort Saint-Louis. Au milieu du XVIIIème siècle, ce mouvement s’étend, toujours le long de la côte, au nord-ouest de Cayenne. La forêt impénétrable et les zone de rapides ou « sauts « qui barrent les fleuves délimitent une « Guyane de l’intérieur » qui elle échappe à toute forme d’intervention coloniale. Elle attire aussi, comme lieu de refuge possible, des marrons du Surinam où des rébellions de grande ampleur ont conduit le gouvernement à conclure des traités reconnaissant comme peuple libres certains groupes fortement constitués (1760 pour les Njuka, 1762 pour les Saramaka). La connaissance de cet immense territoire ne repose jusqu’en 1729, date de la carte de d’Anville, que sur les récits des explorations conduites par les Jésuites. Elle bénéficie de la création d’un service géographique en 1763, au sein de l’administration locale de la Marine, puis de premiers voyages menés par des scientifiques (le géographe Mentelle en 1779, le naturaliste Leblond, de 1786 à 1789). Toutefois, la délimitation de la frontière sud de la Guyane ne sera effectivement réalisée sur le terrain qu’en 1956-1957.

Interprétation

Interprétation

Face à la brutalité et à la déshumanisation du système esclavagiste, le petit marronnage représente un espace de liberté que les esclaves eux-mêmes s’aménagent ; il manifeste leur résistance au quotidien.

  • cartes
  • histoire coloniale
  • esclavage
  • Guyane
  • marronnage
  • outre-mer

Bibliographie

Regards sur les Antilles : Collection Marcel ChatillonCatalogue du musée d’Aquitaine, Bordeaux, 23 septembre 1999 – 16 janvier 2000, Paris, RMN- Bordeaux, Musée d’Aquitaine, 1999.Serge MAM LAM FOUCKLa Guyane française au temps de l’esclavage, de l’or et de la francisation (1802-1946)Petit Bourg (Guadeloupe), Ibis rouge, 1999 .Jean MOOMOULe monde des Marrons du Maroni en Guyane (1772-1860).La naissance d’un peuple, les BoniPetit Bourg (Guadeloupe), Ibis rouge, 2004 .Richard PRICE et Sally PRICELes MarronsChateauneuf-le-Rouge, Vents d’ailleurs, 2003.Richard PRICELes premiers temps, la conception de l’histoire de Marrons SaramakaParis, Seuil, 1994.Guide des sources de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitionsDirection des Archives de France, La documentation française, Paris, 2007.

Pour citer cet article

Françoise LEMAIRE, « Le marronnage »


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Commentaires:

  1. Hagly

    Avec talent...

  2. Shakall

    Je ne vois pas l'intérêt.

  3. Treasach

    Je suis d'accord, cette grande pensée sera utile.

  4. Grogami

    Eh bien, tellement ...



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