Le mur des Fédérés

Le mur des Fédérés


We are searching data for your request:

Forums and discussions:
Manuals and reference books:
Data from registers:
Wait the end of the search in all databases.
Upon completion, a link will appear to access the found materials.

  • Le Triomphe de l'ordre.

    PICHIO dit PICQ Ernest (1826 - 1893)

  • La Veuve du fusillé.

    PICHIO dit PICQ Ernest (1826 - 1893)

Fermer

Titre : Le Triomphe de l'ordre.

Auteur : PICHIO dit PICQ Ernest (1826 - 1893)

Date de création : 1877

Date représentée : 1871

Dimensions : Hauteur 32 - Largeur 46

Technique et autres indications : dit aussi "le Mur des Fédérés"lithographie

Lieu de Conservation : Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis

Contact copyright : © Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

Référence de l'image : NA 2024

© Saint-Denis, musée d'art et d'histoire - Cliché I. Andréani

© Musée de l'histoire vivante de Montreuil - Cliché O. Fryszowski

Date de publication : mars 2016

Contexte historique

Le mur des Fédérés

À la fin de la « Semaine sanglante », le samedi 27 mai 1871, les troupes versaillaises parviennent à investir le cimetière du Père-Lachaise où des fédérés s’étaient repliés tandis que les quartiers du Trône, de Charonne et de Belleville étaient assaillis. Durant plusieurs heures, les communards résistent au point que les combats se seraient parfois terminés au corps à corps et à l’arme blanche, entre les tombes, non loin des sépultures de Nodier, Balzac et Souvestre.

Cent quarante-sept communards faits prisonniers sont fusillés contre le mur est de l’enceinte du cimetière. En leur mémoire, une section de cette muraille est appelée dès la fin des années 1870 le « mur des Fédérés ».

Analyse des images

Commémorer

Dès le début de la décennie 1880, une commémoration annuelle s’y déroule, à l’initiative d’anciens communards et de leurs proches, bientôt relayés par les organisations militantes de gauche, politiques et syndicales. De nos jours, le dimanche le plus proche du 28 mai – qui en 1871 marqua la fin de la « Semaine sanglante » et l’écrasement de la Commune –, est encore la date d’une annuelle « montée au Mur ».

Le Triomphe de l’ordre, dit aussi Le Mur des Fédérés, et La Veuve du fusillé ont été réalisés en 1877 par Ernest Pichio (1826-1893), lors de la proscription en Suisse de l’artiste, exilé à Genève. D’obédience communarde, Pichio a peint dans Le Triomphe de l’ordre – la lithographie connue est tirée du tableau disparu – une vision lyrique des exécutions massives et sommaires des fédérés au Père-Lachaise. Sous un ciel apocalyptique, il montre les communards adossés à une muraille surplombant une fosse profonde. Les visages des condamnés expriment le même effroi que les traits tétanisés des agonisants et des morts qui jonchent le fond et le pourtour de la fosse. Fauchés par une batterie de canons représentée à droite, les corps convulsifs des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards disent la terreur de la répression qu’incarnent les deux soldats versaillais surveillant froidement les exécutions.

Dans La Veuve du fusillé, Pichio semble « écrire » la suite de cette histoire. Au pied de la même muraille, une femme en deuil accompagne ses deux jeunes enfants et leur désigne l’inscription gravée dans la pierre : « Mai 1871 / Aux martyrs / sans nom / morts pour la liberté. » Les enfants viennent déposer une couronne mortuaire dédiée à leur père, là où d’autres jonchent déjà le sol, en un hommage qui a encore les apparences de la clandestinité.

Interprétation

Le mythe politique

Exécutées avant même que les montées annuelles au mur des Fédérés ne soient tolérées – quoique étroitement surveillées par la police –, ces deux œuvres de Pichio semblent fixer les débuts du culte dans les années qui précèdent l’amnistie générale de 1880. Le « mur » y est sublimé par une dramatisation toute romantique des héros, dont la mort effroyable, exemplaire et sacrificielle, est particulièrement propice au culte de la mémoire et aux symboles politiques les plus efficaces.

La force de Pichio est de savoir jouer, dans ces deux images contemporaines, avec des régimes temporels différents – le présent des massacres de la « Semaine sanglante » et le présent de leur commémoration –, susceptibles de provoquer deux attitudes politiques et militantes complémentaires : l’indignation devant Le Triomphe de l’ordre et le recueillement face à La Veuve du fusillé.

  • cimetière
  • communards
  • Commune de Paris
  • exécution
  • fédérés
  • monuments
  • Paris
  • Père-Lachaise
  • répression versaillaise

Bibliographie

Alain DALOTEL, « Un pèlerinage rouge : la montée au mur des Fédérés (1878-1914) », Gavroche, no 9, avril-mai 1983, p. 14-20.

Bernard NOËL, Dictionnaire de la Commune, 2 vol., [1971], Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1978.

Madeleine REBÉRIOUX, « Le mur des Fédérés », in Pierre NORA (dir.), Les Lieux de mémoire, [1984], t. 1, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 1997, p. 535-558.

Danielle TARTAKOWSKY, Nous irons chanter sur vos tombes. Le Père-Lachaise, XIXe-XXe siècles, Paris, Aubier, 1999.

Pour citer cet article

Bertrand TILLIER, « Le mur des Fédérés »


Video: Exclusive insight into French industrys review Jaguar 6x6 armored vehicle first prototype


Commentaires:

  1. Vicage

    Je ne vois pas l'intérêt.

  2. Winsor

    Je vous conseille de jeter un œil au site, qui a de nombreux articles sur ce sujet.

  3. Halebeorht

    Maintenant tout est clair, merci beaucoup pour l'information.



Écrire un message